Édito

"On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans"...

 

Rimbaud l'a dit, on le confirme : le festival des murs à pêches ouvre sa 17e édition et n'en a pas fini des folies de jeunesse de ce vieux petit lieu du Montreuil mystérieux. Après tout, il en a fallu des fantaisies pour s'établir ici... La folie douce des horticulteurs qui passaient des heures à tailler les fruitiers pour qu'ils s'étirent, s'épanouissent et rougissent au soleil ; celle des jardiniers passionnés, des artisans et des artistes qui inventent et réenchantent les parcelles aujourd'hui. Oui, nos Murs, on les aime à la folie...

 

"Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !

L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;

Le vent chargé de bruit - la ville n'est pas loin -

A des parfums de vigne et des parfums de bière..."

 

La ville n'est pas loin, oui ! Elle a peu à peu englouti les murs et les parcelles, imposant d'autres murs sur les murs anciens - des murs qui éventrent et démembrent et dévorent le Montreuil d'autrefois...

Construits pour nourrir les hommes, voici les murs à pêches à leur tout grignotés par la folie des grandeurs et les contingences économiques. Et est-ce qu'ils ne sont pas nécessaires, alors, notre désir, notre énergie, notre tendre folie, pour inventer des projets à la hauteur des murs ? Pour ne pas laisser l'étroitesse d'esprit s'emparer des herbes folles des parcelles, imaginer d'autres lieux, en mouvement, des utopies, littéralement.

 

"Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.

La sève est du champagne et vous monte à la tête...

On divague ; on se sent aux lèvres un baiser

Qui palpite là, comme une petite bête..."

 

Et demain, donc, la majorité d'une 18ème édition. L'âge de raison ! La sérénité nécessaire pour mettre en pratique les idées, pour mettre en mouvement les volontés... Construire, solidement, des murs qui pour une fois ne sépareraient pas, mais qui inviteraient au voyage. Consolider, pierre à pierre, brin à brin, cet ilôt vert niché comme un joyau aux creux du Grand Paris. Préserver, mais pas garder sous cloche - garder en vie, ouvert aux vents, ouverts aux gens. Paradoxalement, un patrimoine vivant - des murs non pour séparer mais pour relier, non pour enfermer mais pour ouvrir, pour s'ouvrir, et se libérer.

 

Le défi est immense - on y travaille, tout autant qu'on y songe.

Et d'ici là, semer des grains de folie pour que chaque jour ici vous soit un festival, et - on peut rêver ! - que chaque saison passe pour éternet printemps. Puisqu'"On est pas sérieux quand on a 17 ans"

 

En 2017, nous dénonçons :

- Un morcellement et un bétonnage permanent du site

- L'absence d'un projet global et ambitieux pour cet espace exceptionnel

- Le désengagement de la ville de Montreuil face aux transferts de compétences de Paris Métropole

 

En 2017, nous souhaitons :

-Être consultés et mis à contribution par l'ensemble des pouvoirs publics agissant sur le site

- Voir de nouveaux projets investir de nouvelles parcelles

- Que les pouvoirs publics renforcent et étendent la protection du site

 

En 2017, nous invitons :

- Les festivaliers à soutenir notre combat en s'impliquant à nos côtés

- Les instances politiques en place à mesurer la chance unique que représente un tel lieu

- Les candidats aux élections législatives à répondre à notre lettre ouverte (disponible en bas de page et en téléchargement) et exprimer clairement leur position quant à l'avenir du site des Murs à Pêches

 


Du 2 au 4 juin 2017, se tiendra la 17ème édition du festival des Murs à Pêches, festival atypique, gratuit, et populaire ! Drôlerie, partage et émerveillement sont à l’honneur avec un programme qui rassemble : théâtre, arts de la rue, déambulations, débats, contes, performances, concerts, land art, workshops, expositions, promenade patrimoniale, découvertes gustatives … dans l'environnement unique et poétique des murs à pêches de Montreuil.

Festival_murs_a_peches_2017

Pour nous aidez à vous faire vivre 3 jours de partage, rencontre, culture, amusement... Soutenez-nous par un don en cliquant ici !


Festival des murs a peches 2017 appel benevoles
Festival des Murs a peches 2017 appel aux arts

Artistes, si vous avez une proposition quelle qu'elle soit, ou pour ceux qui souhaitent aider à la mise en place de ce festival n’hésitez pas à nous contacter : federationmursapeches@gmail.com (les propositions artistiques sont malheureusement bénévoles, deadline : 23 avril 2017).

Cliquez ici pour vous inscrire en tant que bénévole


 

Le Festival des Murs à Pêches est un festival populaire mettant en exergue la richesse du tissu associatif et artistique montreuillois : il est animé par leurs rencontres et leurs échanges pour faire vivre au public un évènement intergénérationnel et pluridisciplinaire aux multiples découvertes.

 

Il milite par le biais de l’art pour la sauvegarde et la valorisation d’un site au paysage remarquable encore trop peu connu des habitants. En sillonnant à travers les parcelles s’entrelaçant en un labyrinthe, le public est invité à découvrir une programmation riche et de qualité. Nous avons l’envie de rassembler les montreuillois à travers ce festival, dans une démarche sensible et poétique propre à l’environnement des Murs à Pêches.

 

Nous invitons les associations montreuilloises, les artistes et les habitants à construire avec nous cette nouvelle édition qui s’annonce. A venir écouter, observer, essayer, chantonner ou encore s’étonner au sein d’un lieu considéré comme l’un des « poumons verts » de la Région Parisienne.

 


Lettre ouverte aux candidat-e-s aux législatives dans la circonscription de Montreuil-Bagnolet

Madame, Monsieur,


Vous avez décidé de vous présenter devant les citoyens des villes de Montreuil et Bagnolet pour les représenter.


Ces deux villes partagent une histoire, un patrimoine commun : celui des murs à pêches … Un modèle d'agriculture urbaine qui se développera et perdurera du XVIIIe au XXe siècle. Nos communes ont la chance de disposer, grâce à la lucidité des cultivateurs, à la fois de terrains où ce patrimoine est encore visible, mais aussi de collections historiques et de documents qui nous permettent de faire vivre une agriculture urbaine du XXIe siècle.


Depuis la disparition de la production, les associations ont pris le relais des cultivateurs pour faire vivre les parcelles abandonnées. Elles y ont restauré les murs, remis en culture les terres et ont développé des activités nouvelles à l'ambition d'éducation populaire : spectacle vivant, arts visuels, architecture, urbanisme, écologie, alimentation ... C'est ainsi que se sont déployées, ici comme ailleurs, de nouvelles formes d'agriculture aux dimensions multiples. En témoignent les exemples de jardins d'insertion, familiaux, partagés, pédagogiques, mais aussi productifs, qui se sont développés en réinvestissant des terres abandonnées. Nos villes ne peuvent se passer de ces espaces d'expression et d'émancipation où les citoyens jardinent la ville et réinventent notre rapport à l'alimentation, à la nature et aux autres.

 

Nous observons depuis vingt ans que ce patrimoine est d'abord pensé par le politique comme une réserve foncière, afin de répondre au besoin de logements, d’équipements publics, d'infrastructures de transport. De plus, la contraction des financements, tant au niveau des collectivités territoriales que de l’Etat, condamne toute action publique d'ampleur pour ce patrimoine.
Pour ces raisons, les associations revendiquent depuis toujours la création d'une structure de gestion du site (GIP ou EPCC)
* qui permette de mobiliser sur un socle de finances publiques des financements privés complémentaires : partenariat, mécénat, concession, prestations ...


En tant qu'associations nous ne pouvons qu’apporter notre bonne volonté bénévole, nos compétences, nos collections historiques aussi. Mais hélas, cet engagement citoyen est vain s'il ne trouve pas de prolongement dans l'action publique. Il est urgent d’agir en responsabilité. Le politique ne peut pas avoir comme seule ambition de répondre aux besoins de logement, d'emploi ou de sécurité de nos concitoyens.
Il est tout aussi essentiel de permettre à chacun de participer à la vie culturelle, sociale et économique du territoire.

 

Le site dit des Murs à Pêches ne peut continuer à être morcelé. Il doit garder l'intégrité de son territoire, indispensable au développement d'un projet qui doit désormais se matérialiser dans une structure de gestion, afin que son développement et son avenir ne dépendent plus exclusivement d'enjeux politiques locaux.
Nous voudrions connaître vos engagements pour le site des Murs à pêches, ainsi que sur l'appel à
projet en cours "Inventons la métropole", qui morcelle une fois de plus ce patrimoine unique, dont la surface actuelle et la cohérence sont pourtant un gage de sa valeur. Les associations de la Fédération des Murs à Pêches et celles qui se joignent à ce courrier sont ouvertes à une rencontre.


Montreuil, le 1er mai 2017
Associations de la fédération :
Ecodrom, La Graffiterie, Le Fer à coudre, Le Sens de l'humus, Lez Arts dans les murs, Murs à Pêches, Oxymore, Racines en ville, RecupCrea, Société Régionale d'Horticulture de Montreuil, Théâtre de la girandole. TIGe.


Autres associations signataires :
Jardin de la Lune, Montreuil environnement, Rêve de Terre.
* Groupement d'Intérêt Public, Établissement Public de Coopération Culturelle

Télécharger
Lettre aux candidats aux législatives 20
Document Adobe Acrobat 200.9 KB


Les Murs à Pêches en chiffres ?

35

Superficie actuelle en ha

 

5

Naissance des Murs à Pêches en siècles

17

Nombre d'éditions du festival des Murs à Pêches

4500

Nombre de visiteurs en moyenne lors du Festival



Contact

Fédération des Murs à Pêches, 4 Rue Édouard Vaillant, 93100 Montreuil

 

federationmursapeches@gmail.com